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     BRM1000 de Christian WAMPACH en 2009
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Christian
Envoyé sur :  25/8/2022 9:56
Xoops accro
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BRM1000 de Christian WAMPACH en 2009
Mon BRM1000 à VERBERIE du 11 au 13 juillet 2009
PREAMBULE
Indépendamment de l’enthousiasme ou du simple intérêt - ou non – suscité par les récits parmi les plus fameux de mes périples de randonneur cycliste, il me faut confesser qu’il s’agit avant tout pour moi d’un travail de mémoire que je me dois à moi-même de réaliser. Ces aventures, comprises comme des épreuves à surmonter en allant jusqu'au bout de moi-même, ont été déterminantes dans mon parcours de vie. J’ai ainsi estimé que le temps était venu de les raviver à mon esprit de la meilleure manière qui soit, et ce en me contraignant à les communiquer publiquement. Outre le présent récit actualisé et mis en images tout récemment, je compte encore en publier deux autres très prochainement avant de tirer le rideau.
1ère ETAPE : VERBERIE-MONCEL-LES-LUNEVILLE (460km)
Samedi 11 juillet 2009, la sonnerie vient de retentir dans la chambre d'hôtel à Compiègne-Sud que Patricia et moi occupons. Il est 2 heures du matin ! Est-ce le stress conjugué à la literie inhabituelle, toujours est-il que je n'ai pas fermé l'œil de la nuit! Peu importe, il faut y aller!
A 3 heures, je descends au parking de l’hôtel pour récupérer et monter mon vélo. Un peu plus tard une fois équipé, Patricia me rejoint pour assister à mon départ. Verberie, où le départ est prévu à 4 heures est distant de 11 km que je suis sur le point d'effectuer à vélo. Je dois faire un aller-retour car le parcours passe par Compiègne. L'organisateur me signale à mon arrivée que j'aurais pu partir directement de Compiègne. Quoi qu'il en soit, il fallait quand même venir sur place pour m’inscrire et retirer ma carte de route. A l’heure du départ, je devance la trentaine des autres participants peu décidés à démarrer, avec l’idée bien ferme d’effectuer, comme à mon habitude, tout le trajet en solo.
Après avoir quitté Compiègne, le parcours prend la direction est, en longeant l’Aisne pendant plus de 150 kilomètres. Je trouve ma vitesse de progression un peu décevante. Pour compenser mon léger retard, j’effectue un pointage éclair à Neufchâtel-sur-Aisne (km114) à 7h55, après avoir quelque peu trépigné en raison du temps mis par le patron du bistrot à me servir et à apposer le précieux tampon sur ma carte de route. Un peu plus tard, petite contrariété : l’émetteur fixé à la fourche avant du vélo ne fonctionne plus. Pile plate sans doute ! Mon compteur ne me sera donc plus d’aucune utilité. Heureusement je peux me rabattre sur mon GPS, qui peut également me donner, entre autres, des indications de vitesse et de distance.
Délaissant ensuite l’Aisne, le parcours franchit la Meuse à Mouzon (km211). Il est près de 11h30 et je ressens une envie irrépressible de faire un petit somme. Pas étonnant, compte tenu du déficit d'heures de sommeil la nuit précédente ! En franchissant le pont, je repère un banc particulièrement sympathique le long de l'eau.
Je retire mon casque et mon sac à dos contenant des vêtements. Ce dernier est parfait pour faire office d'oreiller. Je m'allonge sur le dos et … ronron! ... Quelques minutes plus tard, réveil en sursaut! J'entends tout proche le grognement inamical d'un molosse. J'ouvre les yeux! Je suis nez à nez avec le museau d'un berger allemand. Un instant de panique, je bondis prêt à vendre chèrement ma peau, puis ... Ouf! Fausse alerte, l'animal est tenu en laisse par un promeneur, qui passait entre la rambarde et le banc. Il me salue s’amusant de ma frayeur. L’adrénaline a fait son office. Rien de tel que pour être à nouveau d'attaque!!!
Le panorama au sommet de la côte à la sortie de Mouzon est superbe. Je m’y arrête pour prendre une photo en surplomb. Depuis tout un temps, mon genou droit me fait souffrir, je redoute l’aggravation qui pourrait compromettre l’aventure. C’est pourquoi je mets à profit la petite halte improvisée pour passer les jambières. La chaleur ne pourra me faire que du bien !
Il faut alors se rendre à Avioth (km239), que j’atteins à 12h55. A mon grand étonnement, il n’y a aucun commerce dans ce village. La basilique gothique du XIIème siècle vaut assurément le détour - le parcours fait un aller-retour d’une dizaine de kilomètre -
mais bon, en toute franchise, j’aurais préféré y trouver un commerce pour y faire tamponner ma carte de route.
Après bien des investigations, j’obtiens l’adresse de l’adjoint du maire, qui devrait disposer d’un tampon. Bingo ! A l’adresse indiquée à l’autre bout du village, j’y trouve un fermier bien avenant. Après quelques recherches, celui-ci parvient à remettre la main sur un tampon, à ses dires, rarement utilisé. Après avoir appliqué le cachet de la mairie sur ma carte de route, cet homme charmant accepte de me remplir mes bidons.
Je me dirige maintenant vers le troisième contrôle à Thionville (Moselle- km324) sur une piste cyclable de plusieurs kilomètres de piste cyclable sont aménagés pour y accéder. J’y pointe vers 16h30 dans un café du centre où le coca est à 3 euros !?
Jusqu’à présent le vent du sud-ouest n’était pas trop gênant, mais au fil de la journée il s’est progressivement renforcé et ralentit légèrement ma progression. Je me dirige alors plein sud vers Dieuze (km416), quatrième et dernier contrôle du jour. Mon genou droit me fait toujours souffrir et même si le mal n’empire pas, cela reste préoccupant.
Je quitte Dieuze vers 20h45, il me reste alors une bonne cinquantaine de kilomètres pour atteindre mon hôtel à Moncel-Lès-Lunéville, où m’attend Patricia. C’est chose faite à 22h30 après environ 460 km (+ 11km pour me rendre au départ), heureux d’avoir fini dans les temps cette première étape.
2ème ETAPE : de MONCEL-LES-LUNEVILLE à MATOUGUES (12&13/07/09 - 410 km)
Dimanche 12 juillet, j’ai mis le réveil à 5 heures, pour un départ à 6 heures. Il se met à pleuvoir au moment où je veux m’élancer. Petit problème, les piles AA en principe chargées que j’insère dans mon GPS ne fonctionnent pas. J’en essaie d’autres, idem. Mouais ! Ca commence fort ! Il m’en reste une dernière paire qui elles, heureusement fonctionnent. Ouf !
Cependant, pas moyen de lancer la navigation : le message d’erreur « Point de navigation trop éloigné » apparaît. A chaque nouvelle tentative, même chose, pas moyen de lancer cette foutue navigation. C’est bien la première fois que cela se produit, que faire ? Pendant près d’une heure, je m’évertue à de multiples tentatives toutes infructueuses…. « Mais oui ! Bon sang !» Je comprends : le clapet qui fixe la micro carte SD, qui contient toute la cartographie, s’est débloqué lors du changement des piles, n’assurant plus de la sorte le contact de ladite carte avec l’appareil. Petites causes, grands effets ! Je m’élance enfin vers 7 heures, soit avec une heure de retard. Il faudra que je trouve des piles à acheter sur le parcours, car sinon je n’arriverai pas au bout.
Il pleut de plus en plus belle et j’ai oublié de fixer le garde-boue arrière avant de partir. Décidément !
J’ai bien entendu revêtu mes jambières, mais la gêne au genou droit est toujours bien présente. Il faut à tout prix qu’il tienne. La douleur s’accentue au point que je décide d’utiliser le seul comprimé d’anti-inflammatoire dont je dispose. J’applique en outre une pommade censée avoir le même type d’effet sur le genou douloureux. L’effet est quasi immédiat, je ne sens rapidement presque plus rien.
J’ai mis le cap sur le cap sur Bruyères (Vosges - km511), contrôle n°5. La route est vallonnée, dans une longue côte, qui précède l’arrivée à Bruyères, un cycliste me rattrape. Il roule vite, je le laisse filer sans regret, trop occupé à me ménager « Qui veut aller loin,…. ». Je pointe dans une boulangerie et quitte la ville un peu avant 10 heures. Il pleut toujours et le vent soutenu du sud est de face.
Nouvel objectif, le contrôle de Faverney (Haute-Saône), le point le plus au sud du parcours. Avant d’y arriver, la plus grosse difficulté du parcours se dresse brutalement à la sortie de Remiremont en direction du Val d’Ajol. J’atteins le Col du Peutet (altitude 654m) après une montée de plusieurs kilomètres. Je m’y arrête pour prendre quelques photos.
Il ne pleut plus maintenant. Le parcours a été modifié en dernière minute évitant Luxeuil-Les-Bains via la N57, beaucoup trop dangereuse et d’ailleurs interdite aux cyclistes. Je trouve, après quelques hésitations, la route forestière conseillée où je croise trois joggeuses. Parmi elles, celle du milieu, la plus jolie (bien entendu), une blonde d’une trentaine d’année, m’adresse un sourire avenant qui ne me laisse pas de marbre.
J’arrive à Faverney (km603) un peu avant 14 heures. Aucun commerce n’y est ouvert, pas même un restaurant ou autre pizzeria. Heureusement il s’y trouve une boîte-aux-lettres qui me permet d’envoyer une carte postale à l’organisateur. A noter qu’auparavant sur le trajet, j’ai pu me procurer des piles auprès d’un libraire heureusement ouvert en ce dimanche.
Le parcours prend alors la direction ouest, le vent de plus en plus soutenu souffle du côté gauche, plutôt défavorablement. N’ayant pu me ravitailler au contrôle précédent, je m’arrête dans un café à Bourbonne-les-Bains (km647), où un client me prédit un avenir apocalyptique compte tenu du profil en direction de Chaumont. Je feins de ne pas me laisser impressionner, mais la sortie de la ville ne laisse aucun doute sur la réalité de ses propos. Je suis cueilli par un long bout tout droit bien pentu, qui fait penser à la redoutable côte de Mont-Theux, anciennement sur le parcours de Liège-Bastogne-Liège. C’est la D417 rectiligne et au revêtement rugueux. Elle est assez dangereuse, car les automobilistes y circulent vite à l’inverse des cyclistes scotchés dans la montée. Le vent se met alors à souffler quasi en tempête, prélude à une bonne rincée qui, bien évidemment, ne m’épargne pas.
Néanmoins, tout doucement, je m’approche du contrôle n° 7 à Bologne (Haute-Marne - km712).
J’arrive à Bologne vers 19h30. Dans cette petite localité isolée de tout, il n’y a pas un chat et, comme il fallait s’y attendre à cette heure, aucun commerce n’est ouvert ! Je repère la poste. En face, un homme dépose ses poubelles pour le ramassage du lendemain. Je lui demande s’il n’y a pas une boulangerie, autre que celle fermée se situant à quelques encablures de là. D’abord un peu surpris, il me conseille, sans garantie d’ouverture, d’aller voir du côté de l’église. Flûte ! Egalement fermée ! Je me résous à expédier la carte postale. L’homme en face m’interpelle, il me demande si je n’ai besoin de rien. Je lui demande s’il veut bien remplir mes bidons. Il me propose de l’eau en bouteille, car, à ses dires, l’eau du robinet a un goût d’eau de javel. En voyant mon maillot portant l’inscription « Nord - Pas de Calais », il me prend pour un Français du Nord :
- Vous êtes ch’ti, alors ?
- Heu ! … si on peut dire ! répondis-je n’osant pas le détromper.
Ma réponse le fait rire, j’ignore pourquoi.
- Vous n’avez plus besoin de rien, … à manger ? »
- Non ! Non ! Ca ira ! Merci pour tout !
Je reprends ma route, qui est encore longue. Il me reste en effet encore près de 150 km à effectuer et il est déjà près de 20 heures.
Je me dirige alors vers Joinville, par un itinéraire tortueux délaissant en dernière minute la N67 sur ordre de la préfecture. Dans la traversée de la ville, je suis les indications de mon GPS, qui me fait prendre un chemin à la pente sévère. C’est une erreur de ma part lors de la préparation de mon itinéraire ! Dans mon tracé effectué sur ordinateur, je n’ai pas mis de point de passage obligé à la sortie de la ville, laissant de la sorte le soin (la fantaisie ?) à l’appareil de déterminer l’itinéraire.
Je me suis jeté dans la gueule du loup, il s’agit en fait d’une côte monstrueuse avec des pentes sévères à plus de 15%. Je me rends compte trop tard de mon erreur et préfère néanmoins ne pas rebrousser chemin, vu l’effort déjà fourni. Je tente de récupérer l’itinéraire par la gauche. Un véritable mur, digne du mur de Huy, se dresse devant moi. Un instant, je pense mettre pied à terre. Je m’y refuse ! Je m’accroche sur mon plus petit braquet de 36x23. Au risque de la rupture de la chaîne, je sauve finalement l’honneur en ne mettant pas pied à terre. Cette montée est suivie immédiatement d’une descente qui me ramène en deux temps trois mouvements au niveau de la route à la sortie de la ville. TOUT CA POUR CA !
C’est à présent à la nuit tombante que je retrouve l’itinéraire officiel, Pour me remettre de mes émotions, je m’arrête quelques kilomètres plus loin, à Rachecourt-sur-Marne. Le patron du café est éberlué de voir circuler un cycliste seul en pleine nuit. Quand je lui explique ma motivation – aller au bout de moi-même - il veut m’offrir mon verre de coca de 33cl. Il me demande si je veux manger et quels sont mes souhaits.
- Une gaufre ferait bien mon affaire !
- Non, ça je n’ai pas. Une banane, ça vous va ?
- Impeccable ! Une banane, c’est parfait !
Il téléphone alors à sa femme, qui vient lui apporter quelques minutes plus tard la précieuse banane. A vrai dire, compte tenu de ma fringale naissante et des nombreux kilomètres restants, j’en aurais accepté bien volontiers tout un régime (de bananes). Il explique à sa femme :
- Tu te rends compte, ce jeune ( ?) homme fait 1000 kilomètres à vélo pour le plaisir !
- Pour le plaisir ? Non, ce n’est pas cela ! Le plaisir, j’ai beau le chercher tout autour de moi, ici et là, je ne le vois pas. Sans doute plus tard, quand je repasserai le film de tout ça, alors là oui, je retrouverai le plaisir et sans doute aussi le bonheur d’avoir vécu cette aventure. Mais maintenant, sincèrement, j’en ai vraiment plein les bottes !!!
Je salue ces braves gens, dont l’hospitalité et la solidarité me font penser à celle qui était autrefois de mise pour les voyageurs et autres pèlerins.
Quelques kilomètres plus loin, par distraction et au mépris des indications de mon GPS, je me laisse embarquer sur la N67 en direction de Saint-Dizier. Je me rends compte immédiatement de mon erreur, mais il m’est impossible de faire demi-tour, la chaussée étant séparée par une haute berme centrale. Tant pis, je continue « full speed », nez dans le guidon, pendant 18 km jusqu’à Saint-Dizier sur cette voie beaucoup trop dangereuse et d’ailleurs interdite à un cycliste. Il fait complètement noir maintenant. Mon éclairage avant avec dynamo intégrée dans le moyeu de la roue, mes feux arrière « flash » et ma chasuble réfléchissante font merveille. Je vois en effet presque comme en plein jour et je suis à ce point visible pour les - heureusement rares - conducteurs, qu’ils me doublent avec une marge de sécurité impressionnante. Finalement, c’est avec un immense soulagement que j’arrive dans la ville, Depuis ma sortie de la voie rapide, j’ai du mal à retrouver l’itinéraire tracé sur mon GPS. Toutes les voies pour y accéder, sont effet barrées par des hautes grilles infranchissables sur toute leur longueur en raison d’importants travaux de voirie. De ce fait, je suis contraint de revenir à chaque fois à mon point de départ, avec l’impression de tourner « en rond » comme un poisson dans son bocal ou alors pris dans la nasse. Pour éviter de prendre une tout autre direction au risque de me retrouver Dieu sait où, ou encore de passer la nuit à errer, en désespoir de cause, je parviens in fine à trouver une faille dans le dispositif de barrage du chantier. C’est ainsi que, par cette faille, le vélo à la main ou à l’épaule, je parviens à me faufiler de l’autre côté de cette importante zone de travaux. C’est avec soulagement et un grand sentiment de délivrance, que je reprends librement ma pédalée.
Sous la nuit la plus complète, je me dirige vers le dernier contrôle de l’étape à Vanault-les-Dames (Marne – km808), que j’atteins à 00h40. En l’absence de commerce ouvert, je me mets à la recherche d’une boîte postale. Après un quart d’heure de recherches infructueuses dans le noir, il faut me rendre à l’évidence, c’est peine perdue, je n’en trouverai pas. Il est impératif, vu l’heure tardive, de poursuivre la route, quitte à trouver une boîte postale plus loin, car il me reste encore 51 km avant Matougues, lieu de mon hébergement.
A ce moment, pour moi dans mon état d’épuisement, 51 kilomètres c’est vraiment le bout du monde !!!
Deux villages et 10 km plus loin, à Le Fresne, je trouve enfin mon bonheur et la délivrance par l’entremise d’une boîte postale placée en bord de route, qui me permet de poster mon précieux envoi et retrouver le moral.
La réjouissance n’est que de courte durée, car je connais à ce moment les affres de la fringale. Il y a déjà pas mal de kilomètres que la banane offerte par le cafetier a été engloutie et que j’ai sacrifié mon dernier pain d’épice. Les provisions sont en effet épuisées sans avoir eu l’occasion de me ravitailler, dommage collatéral de l’absence de commerce ouvert lors des trois derniers contrôles. Il faut donc me faire à l’idée qu’il me faudra sérieusement m’accrocher pour parcourir les dernières dizaines de kilomètres, avec la jauge de carburant complètement dans le rouge. Je m’y attelle vaille que vaille à vitesse forcément réduite due à mon état de faiblesse. Des barquettes de frites-mayonnaise dansent devant mes yeux, à moins que ce ne soit des corn flakes, quoique quelques gaufres de Liège pourraient également faire mon affaire, à moins qu’une bonne tablette de chocolat … .
Perdu dans ce type de pensées bien terre à terre, je me dirige vaille que vaille à vitesse réduite vers Châlons-en-Champagne, que j’avais déjà traversé deux semaines auparavant à l’occasion du BRM1000 de Troyes, mais cette fois en pleine nuit. Heureusement, je peux compter sur mon éclairage, qui une fois de plus fait merveille, plus particulièrement dans les parties les plus obscures ne comportant ni éclairage public, ni même poteaux réflecteurs. Je ne vous ai plus parlé de mon genou, dont la gêne reste constante sans cependant s’aggraver. C’est déjà ça ! Peut-être aussi est-ce dû en partie au fait que tous les points d’appui, mains, épaules, selle, commencent également à souffrir, estompant sous le couvert d’une douleur générale, la sensation précise à un endroit bien particulier du corps ?
Tout d’un coup apparaît au loin un halo lumineux ! Serait-ce …. ?
Serait-ce les lueurs de Châlons-en-Champagne, que j’aperçois au loin comme un mirage ? Je n’ose croire que ce soit enfin le bout du tunnel ? Au fur et à mesure de ma pédalée, la vision lumineuse, en se rapprochant, se précise. Ce sont bien les lumières de Châlons-en-Champagne ! Je réunis mes dernières maigres forces pour atteindre et traverser la ville. Je franchis la Marne, il me reste une dizaine de kilomètres. J’atteins l’hôtel à Matougues à 3 heures du matin, Ereinté et lessivé mais tellement heureux d’y rejoindre enfin Patricia.
3ème ETAPE : MATOUGUES - VERBERIE (13/07/09 - 145 km)
Lundi 13 juillet ! J’ai programmé le réveil à 8 heures, qui est une heure raisonnable, compte tenu de mon arrivée tardive, quelques heures plus tôt. Aujourd’hui, relax ! Je prends tout mon temps et je savoure à mon aise le petit-déjeuner copieux de l’hôtel, qui me permet de faire le plein d’énergie.
Il est 10h30 quand je quitte l’hôtel pour cette dernière étape.
Rapidement, je peux me rendre compte qu’en dépit des muscles raides et durs comme du bois, la jambe tombe bien. Mon genou droit semble aussi tenir le coup. A mon grand étonnement, mon rythme est plus qu’acceptable. Vraiment, c’est le jour et la nuit - c’est le cas de le dire - avec celui de mise quelques heures auparavant. De plus, il fait très beau ! Le port est en vue ! Tout baigne !
Très vite, je traverse Epernay et emprunte la route de Champagne en direction de Château-Thierry. A hauteur de Châtillon-Sur-Marne, la route est familière, puisque c’est le trajet suivi annuellement par le BRM600 d’Orchies. Un peu plus loin, la route en réfection en raison d’un effondrement, est toujours barrée ce qui, comme quelques semaines auparavant, m’oblige à une partie de cyclo-cross, qui encrasse sérieusement ma bicyclette.
Au vol, à l’instar de Jean-Louis Verscheure (JL Velo), je prends quelques photos de la route de Champagne.
Le vent du sud-ouest, qui comme chaque jour se lève progressivement, souffle donc du côté gauche, un peu défavorablement. Il n’est pas très gênant.
Je pointe à Château-Thierry (Aisne - km929) vers 14h00, c’est le 9ème et dernier contrôle avant l’arrivée à Verberie. Une douce euphorie me gagne, rien ne devrait plus m’empêcher d’arriver au bout.
Le parcours quitte alors la vallée de la Marne. La côte d’environ 5 kilomètres à la sortie de Château-Thierry ne me pose aucun problème. Comme l’itinéraire remonte progressivement vers le nord, le vent, maintenant assez soutenu, devient de plus en plus favorable. Me voilà déjà à Mareuil-Sur-Ourcq (Oise – km 959). Paradoxalement en dépit de tous les kilomètres accomplis, j’ai l’impression de ne pas sentir les pédales. Indéniablement, c’est mon meilleur jour.
Ce sont les derniers kilomètres. Plus rien ne devrait m’arriver. Je pédale dans l’allégresse.
C’est l’arrivée à Verberie ce lundi 13 juillet à 16h20, bouclant de la sorte le parcours de 1000 kilomètres en 60 heures et 20 minutes,
Il ne me reste plus qu’à remettre ma carte de route à la responsable à l’adresse indiquée.
Je clôture ainsi mon 2ème BRM1000 de l’année. Mon prochain BRM1000 (et dernier) de l’année est prévu dans 14 jours au départ de Chantepie près de Rennes. J’espère entretemps avoir récupéré.
J’en ferai le récit très prochainement.
Christian
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