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     Récit d'un BRM400 sous la pluie
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Expéditeur Conversation
Christian
Envoyé sur :  16/8/2022 7:28
Xoops accro
Inscrit le: 23/2/2006
De:
Envois: 2379
Récit d'un BRM400 sous la pluie
Récit de Jean-Louis V. BRM400km de Râches sous la pluie battante !!



Tous les week-ends du 15 août ne sont pas secs et ensoleillés, . . . n'est-ce pas Christian Theron et Christian Wampach ?
Un 13 août au fil de l’Eau.
Dimanche 13 août 2006 – 5h30, nous nous retrouvons à 3 randonneurs face à la Mairie de Râches pour le départ d’un BRM 400. Rien d’exceptionnel en soi, si ce n’est la date un peu tardive pour ce genre d’exercice. Soit, pour les randonneurs passionnés, il n’y a pas de saison, l’essentiel étant de pratiquer notre discipline favorite.
Il est 5h50 et il n’y a toujours pas âme qui vive ! ! Nous commençons à nous inquiéter, serions-nous venus pour rien ? Ne serait-ce pas la bonne date, le bon lieu de départ ?
A 5h53, l’organisateur – Bernard Lebacq débarque. Il s’excuse pour son retard et nous donne, presque à la sauvette, les cartes de participation. Sans demander notre reste, nous disparaissons dans la nuit. Il est à noter, que compte tenu de la couverture nuageuse, il fait encore pleinement nuit, malgré qu’il soit déjà 6h00.
Si j’aurais su, serais pas venus, la prochaine fois j’viendrai plus, . . . .
Je crois avoir déjà dit cela à d’autres moments. Comme l’on dit chez nous, il s’agit de serment de buveurs ! ! Bon, j’avais effectivement négligé de regarder les prévisions météo, ou peut-être qu’inconsciemment j’avais préféré ne pas voir quelque chose qui de toute manière ne m’aurait sans doute pas fait renoncer.
Km 0. En fait, dès les premiers coups de pédales, une fine pluie commence à tomber. Alors que les Christian (ah oui, j’ai oublié de vous présenter mes 2 compagnons de régate : Christian Théron - randonneur number one des BRM et Christian Wampach néophyte dans la discipline depuis cette année, mais qui compte déjà plus 3000 km de ce genre de réjouissance au compteur).
Je disais donc, la pluie commença à tomber dès les premiers coups de pédales. Afin de me rassurer sans doute, j’avais décidé de ne pas mettre l’imperméable, à l’inverse de mes compagnons, car je ne cessais de leur répéter « nous allons vers l’éclaircie, cela ne va pas durer ». Christian T, qui s’était inquiété des prévisions météo avait bien compris qu’il n’en était rien. Il ne voulait toutefois pas me contrarier. Après une bonne heure de route, je dus me résigner, déjà bien mouillé, à passer le KW.
Oufti, si j’avais su que je ne pourrai plus l’enlever, j’serais pas venus, la prochaine fois j’viendrai plus, . . . .
Km 30. Peu avant Neuville St Vaast, localité du premier contrôle, Christian W est victime de sa première crevaison. Je suis tout fier de lui montrer que je peux enlever le pneu sans les minutes. Nous repérons facilement le silex à l’origine de la fuite. Une nouvelle chambre est placée et nous voilà repartis. C’est plus long à écrire qu’à faire !! A Neuville, pas de bistrot ouvert, nous n’avons donc pas droit au café dont nous rêvions depuis quelques kilomètres. Sous la pluie, nous prenons quelques photos avec l’appareil de Christian W, afin d’attester notre passage.
La pluie est à présent plus intense. Nous fonçons plein sud-ouest vers Auxi-le-Château, alors que le vent est de secteur nord-ouest. Comme nous n’allons pas à l’encontre du vent, je me dis qu’il faudra sans doute attendre le bord de mer pour retrouver les éclaircies, compte tenu qu’après Auxi-le-Château, nous reprendrons la direction du nord-ouest, soit à l’encontre de la perturbation.
Km 86. A Auxi-le-Château (2ème contrôle, c’est tout dégoulinants que nous entrons dans le seul bistrot ouvert, sans toutefois attirer l’attention des « apériteurs » accoudés au comptoir. Après un grand café (servi dans de bien petites tasses), nous ressortons rapidement, afin de ne pas nous réchauffer. En effet, le fait d’avoir chaud à l’intérieur risquerait de nous procurer une sensation de froid à la sortie. Il est donc préférable de faire vite. Et c’est lorsque nous quittons l’établissement que l’on se fait remarquer : une véritable marre entoure notre table, un peu comme si nous nous étions « oublié ». Nous présentons évidemment nos excuses au patron.
Km 140. C’est à La Madelon, en baie d’Authie, que le troisième point de contrôle est prévu. Monsieur Mappy reprend du service afin de dénicher le seul bistrot de ce hameau du bord de mer. Après quelques hésitations et demi-tours nous nous résignons à pointer à l’accueil du camping. Pendant que les Christian demandent le tampon, j’interroge une campeuse sur les prévisions météo : « il faudrait savoir à quelle heure est la marrée haute, c’est là que ça change ! » me répondit-elle. Peut-être avons-nous encore une chance, car nous n’avons pas vu la mer tellement elle était basse, elle doit sans doute seulement monter ?
La Madelon ne nous a pas servi à boire qu’importe, car finalement nous n’avions pas soif. Je me demande même si un phénomène d’absorption (inverse de la transpiration) ne nous a pas envahi, en effet, toutes les 2 heures nous devons uriner alors que nous ne buvons presque pas. Ou alors serait-ce un phénomène d’humidité ascensionnelle, l’eau qui remonte par les pieds ? Sait-on jamais !
A la sortie de La Madelon, Christian W est victime de sa deuxième crevaison. Je réessaye d’enlever le pneu sans les minutes, mais la force me manque dans des bras déjà engourdis par l’humidité ; il faut avoir recours aux minutes. La pluie a toutefois un énorme avantage : il n’est pas difficile de repérer l’endroit de la crevaison, car ça fait des bulles. C’est du temps de gagné ! !
Alors que nous nous dirigeons vers le sud, le vent est maintenant au nord. Un coup de téléphone à la maison nous donne les meilleurs espoirs, car il y fait soleil. Le vent du nord devrait donc nous amener le beau temps.
Une heure plus tard, Christian W est tellement satisfait de la dextérité avec laquelle il répare les crevaisons, qu’il remet cela ! ! L’avantage des crevaisons par ce temps est que le fait de gonfler permet de détendre et réchauffer les bras engourdis par l’humidité et le froid. « Il te reste combien de chambres à air Christian ? ». A nous trois, il nous en reste quatre plus le matériel de réparation. Nous n’avons donc rien à craindre. Ceci écrit, pour coller une rustine dans une humidité pareille, il faudra être fort !
Si j’aurais su, serais pas venus, la prochaine fois j’viendrai plus, . . . .
Km 180. A Abbeville, la pluie redouble d’intensité. Christian T me fait remarquer les traces laissées par les inondations de 2003 aux bas des habitations. Et si l’eau venait à monter ?
Peu avant Aumale, sans doute jaloux des prestations de Christian W, Christian T crève à son tour. J’essaye de l’aider en tentant d’enlever le capuchon de la pipette ; impossible, je n’ai plus de force dans les mains !! Afin de me réchauffer les bras, je lui propose de gonfler.
Km 211. Une demi-heure plus loin, nous atteignons Senarpont, lieu du quatrième contrôle. Il est 14h45, nous avons parcouru 210 km et il pleut toujours. Encore 200 bornes dans ces conditions, avec un vent de face durant les 120 derniers, brrr. Nous pointons et nous nous sustentons dans un proxi-marché ouvert en cet après-midi de jour férié (étonnant mais pratique). A la sortie du magasin, Christian W et votre serviteur (les 2 maigres dixit Christian T) tremblons comme des feuilles. Vite, il faut y aller pour se réchauffer. Quelques bosses nous y aident rapidement. Nous nous dirigeons à présent vers l’est et avons le vent à 8h00 (tant pis pour ceux qui une montre à quartz). Je suis transpercé par ce vent du nord qui entre par les aérations de mon imperméable.
« Ma mère habite près d’ici, à 6 km plus au sud » nous déclare Christian T. Je suppose qu’un tas d’idées lui traversent la tête, du genre : « je serai mieux bien au chaud devant la télévision, emballé dans une couverture ». Il a bien du courage et de la volonté de continuer et de résister à ces tentations, d’autant que le terrain ne l’avantage pas. Moi aussi je rêve au moment où je serai installé bien au chaud, dans ma voiture, le chauffage au maximum, la pluie frappant le pare-brise, fonçant dans la nuit sur la route de Tournai, mais c’est pas pour tout de suite, . .
Si j’aurais su, serais pas venus, la prochaine fois j’viendrai plus, . . . .
Grandvillers, Crèvecœur, il est 17h30 et nous sommes à 15 km de Beauvais !! Nous ne sommes pas encore rentrés ! !
Km 280. St Juust-en-Chaussée, il est 18h 30, c’est le cinquième et dernier contrôle. Nous estimons pouvoir être à Râches pour minuit, si nous n’avons pas d’ennui. Nous prévenons nos épouses de notre retard. Il n’y aura plus d’arrêt avant Râches, il faut donc s’équiper pour la nuit. Les syndromes de tremblement me reprennent ainsi qu’à Christian W. J’ai des difficultés pour téléphoner, car je ne peux maintenir le GSM sur mon oreille tellement je tremble, et pourtant je n’ai pas la sensation d’avoir froid, bizarre, . . .
Km 310. A Montdidier, je pense à Jimmy Kasper, rencontré en 2004 lors d’un 300 BRM. Il habite ici et nous passons devant chez lui. Je l’imagine bien au chaud dans son canapé, pendant que nous roulons sous la pluie. Soit, le vent défavorable nous oblige à présent à pédaler de manière plus soutenue, ce qui nous réchauffe, ça va mieux. Peu avant Rosières-en-Santerre, Christian W remet ça avec une quatrième crevaison. Je le charrie un peu en lui disant qu’il est probablement payé par la DDE pour nettoyer les routes, car ses pneus ramassent tout ! Cela ne m’empêche pas de lui donner une chambre à air, j’espère qu’elle est encore bonne, car voilà plus de 3 ans qu’elle est dans ma trousse de réparation.
Km 340. Après Bray-s-Somme, nous prenons un chemin vicinal afin de rejoindre Maricourt via Suzanne. Ce petit chemin qui nous permet de franchir la Somme est jonché de débris amenés par les intempéries. Cela se transforme en une rando VTT, attention aux crevaisons ! ! A l’ouest, une ouverture apparaît dans les nuages, juste à la ligne de l’horizon. Un demi-soleil couchant, rouge écarlate apparaît, comme pour nous souhaiter la bonne nuit et se moquer du mauvais tour qu’il nous a joué toute la journée, et il pleut toujours. Quelques instants plus tard, alors que nous sommes dans la plaine, en plein milieu des champs, un orage éclate, les éléments se déchaînent à nouveau, il pleut à torrent. Nous sommes noyés. « C’est le bouquet final » s’écrie Christian T. Il n’avait pas tort, car quelques instants plus tard, peu après Maricourt, la pluie cesse. Il est 22h00 et nous avons parcouru 350 km, cela aura duré 16 heures, record battu !!
Si j’aurais su, serais pas venus, la prochaine fois j’viendrai plus, . . . .
Km 355. A Longueval, un bistrot est encore ouvert. C’est très tentant, même si la remise en route sera difficile. Le patron du bistrot ne semble pas heureux de nous voir débarquer. Les derniers clients nous interrogent sur notre journée. Je me contente de leur dire que nous venons de St Just-en-Chaussée et que nous allons à Douai. En dire plus eut été insensé et inconvenant. A la sortie du bistrot, cela recommence avec la tremblote. Il faut une dizaine de minutes pour être à nouveau chaud. Il fait à présent nuit, mais nos équipements nous permettent de rouler sans problème. Au moins, cela faut un bon test pour nos éclairages. Comme cela est souvent le cas la nuit, nous apercevons au loin la luminosité dégagée dans le ciel obscur par la ville de Douai et nous avons l’impression d’en être proches, mais il nous faudra encore une bonne heure pour l’atteindre.
Km 400 Il est 11h50, nous traversons Douai, des policiers de faction sur le bord des boulevards, nous félicitent pour l’efficacité de nos éclairages. A minuit nous atteignons Râches avec 406 km au compteur. Je fais démarrer la voiture et souffler le chauffage ; depuis le temps que j’en rêvais, . . .
Si j’aurais su, serais pas venus, la prochaine fois j’irai plus ? ?
J-Louis
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